Bonjour, merci de prendre le temps de répondre à nos questions.
Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? Nom, prénom, et si tu en as, un surnom ?
Bonjour ! Je m’appelle Dominique Conan, je suis né à Vannes, en Bretagne. Et non, pas de surnom particulier… à part peut-être
« déconnant », en raison de mon prénom !
D. Conan de Vannes, un bon jeu de mots avec ta ville d’origine ! Et comme tous les Toulousains, tu sembles être breton…
Oui, apparemment, même si je n’étais pas au courant ! (rires)
Ça fait un moment que tu es à Toulouse, n’est-ce pas ?
Oui, cela fait 20 ans maintenant que je vis ici. Je suis arrivé à Toulouse après avoir quitté Paris. Avant tout, je jonglais dans la rue, avec mon camion. J’ai gagné très peu au début, puis j’ai pris le RSA à l’époque, c’était le RMI. Depuis, je suis resté ici.
Tu vis dans un camion depuis combien de temps ? Et quel coin de Toulouse occupes-tu ?
Cela fait 30 ans que je vis dans un camion. Au début, je me garais plutôt vers le centre, mais aujourd’hui, c’est un peu plus éloigné du centre-ville. Quand on n’a pas beaucoup de moyens, le camion offre une grande liberté. C’est vraiment pratique.
Et la vie en camion, ça te convient ? C’est un mode de vie que tu apprécies ?
Oui, ça me convient. C’est une sorte de liberté, bien que parfois, la vie en camion soit un peu moins glamour qu’on pourrait l’imaginer. Mais au fond, c’est un bon moyen de vivre sans être trop contraint.
Tu pars souvent avec ton camion ?
Oui, surtout pendant l’été, quand il y a des festivals un peu partout. Mais je roule moins qu’avant, principalement à cause des coûts de carburant. C’est cher et cela consomme beaucoup.
Quels types de camions utilises-tu ?
Avant, j’avais plusieurs camions de type 35, mais aujourd’hui, j’ai un Ford Transit. C’est plus petit que les autres camions, mais ça consomme moins et ça roule bien.
Et en hiver, où te trouves-tu principalement ?
Cet hiver, j’étais plutôt près de la mer, du côté Méditerranée. C’est plus agréable et moins froid que dans le centre.
Tu retournes souvent en Bretagne ?
Non, pas vraiment. Cela fait environ 20 ans que je n’y ai pas fait un vrai retour. Après Paris, j’ai vécu à plusieurs endroits, et c’est ici à Toulouse que je me sens bien.
Tu parlais de Paris, comment ça se passait là-bas avant ton arrivée à Toulouse ?
À Paris, je travaillais à un moment donné, puis je suis parti en Inde. Je suis revenu à Paris quelques années après, jusqu’à ce que je décide de me lancer dans le jonglage. À l’époque, je jonglais très mal, je ne m’amusais même pas trop. Je buvais beaucoup, c’était une période un peu difficile. Puis, j’ai pris une pause de jonglage, et ça m’a pris du temps avant de m’y remettre sérieusement, ça fait une dizaine d’années maintenant que j’y consacre plus de temps et de passion.
Et c’est uniquement avec des balles que tu jongles ?
Oui, uniquement des balles. C’est pratique, car je les porte toujours avec moi dans un grand sac. D’autres accessoires comme des cerceaux sont trop encombrants, alors j’en suis resté aux balles.
Parle-nous un peu de ton fameux verre sur la tête, qu’est-ce que c’est ?
C’est pour garder ma contenance, en quelque sorte. Je l’utilise pour m’aider à me concentrer. C’est un peu une blague personnelle, et au début, je ne savais pas où poser mon verre. J’ai continué à l’utiliser de cette manière. Il y a de l’eau et un glaçon dedans, quand il pleut et qu’un goutte tombe dans le verre ça évite les éclaboussure sur le crâne grâce au glaçon. Et puis en festival, quand un mec bourré me parle je lui réponds :
« Hé, tu sais que tu parles a un dessous de verre là ! »
C’est un concept assez original ! Pour terminer, tu sembles beaucoup apprécier l’ambiance à Saint-Aubin, est-ce un de tes lieux préférés ?
Oui, absolument ! C’est un lieu où je viens depuis les années 90. L’ambiance y est toujours sympathique, il y a souvent des musiciens et des jongleurs, dont moi. Le dimanche, c’est un moment agréable où je me sens bien.
Merci beaucoup, Dominique, pour cette interview.
C’était vraiment intéressant de découvrir ton parcours et ton mode de vie.
Avec plaisir, merci à toi !